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Dr. Patrick M. Georges
Médecin neurochirurgien et professeur en management
pgeorges@arcadis.be

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L’humour fait vendre. Faire rire est une mécanique.

Rire est un comportement humain fréquent. Malgré de nombreuses recherches, son « utilité » pour l’espèce n’a pas encore été fermement établie. C’est la seule émotion positive sur les six émotions de base. Ce n’est donc qu’expérimentalement que l’on a constaté que les contenus humoristiques sont plus partagés sur les réseaux sociaux, que les publicités qui ont fait rire sont mieux mémorisées.

La vitrine magique. Quand nous nous vendons à nous-mêmes.

Face à une vitrine physique, à un site web, à un jeu vidéo, nous avons un comportement enregistrable, filmable : arrêts, retour arrière, direction du regard, clics, cheminement, prise en main, achats… Le site, le magasin, le jeu analyse vos comportements et s’adapte en temps réel pour favoriser le temps en contact et l’achat en nous proposant des choses et des prix déduits immédiatement de ce que vous venez de faire.

Audiences, consommateurs, méfiez-vous. Vous êtes manipulés par les CFX.

Les divertissements, les marques, les magasins utilisent des trucs psychologiques pour vous distraire et pour vendre.



Une étude récente a détecté plus de 120 CFXs dans une grande surface et plus de 137 dans un feuilleton télévisé.

Faire imiter l’audience pour la distraire, pour lui faire acheter.

La technique est bien établie en sciences décisionnelles. La première étape est de faire en sorte que l’audience, le consommateur s’incarne dans le personnage montré. Ceci se réalise par les techniques décrites dans l’article sur l’identification.

Choisir les bons mots pour induire les préjugés voulus.

Testez la valence des mots de vos messages, discours, dialogues et autres textes avant diffusion.

Les analyses lexicographiques automatisées peuvent vous donner une bonne idée du ressenti, de l’émotion, des préjugés que vos mots vont évoquer subconsciemment chez votre audience.

Par exemple, les mots à valences positives et négatives induisent une humeur gaie ou triste chez le lecteur.

Les mots à consonance étrangère vont évoquer les qualités et défauts associés à ces origines.

Plaire aux hommes ou aux femmes. Quelques différences.

Testez vos contenus, offres et produits


La testostérone masculine et les œstrogènes féminins ont des récepteurs dans le cerveau et le sexualisent. Plus encore, l’éducation précoce, comme une fille ou comme un garçon, génère des comportements différents pour les achats, pour le choix des films, pour le choix des élus…

Les études de terrains montrent, par exemple dans une offre que le prix doit être annoncé tôt pour un homme, plus tard pour une femme, pour maximiser la probabilité de vente.

Des CFX de dominance – information incluse dans un contenu, un objet, à visée de réaction cognitive ciblée prédictible- sont souvent ajoutés aux produits, objets, films, discours… visant un segment masculin.

Les contenus pour le cinéma et la télévision, avant diffusions, sont évalués par le test de Bechdel pour prédire s’ils attireront les femmes et prévoir les publicités associées.

Le sexe fait vendre. Seulement dans certaines circonstances bien gérées.

Le cerveau a une priorité, assurer la survie de l’espèce par la reproduction.


Ses systèmes automatiques lui enjoignent d’être attentif à tous signes de fertilité, de potentiel de reproduction. Près d’un cinquième des publicités et films utilisent cet élément avec succès.

Cet élément peut être contre-productif : oubli de la marque, exclusion des audiences familiales…
Des techniques de contextualisation, de justification par les éléments appropriés permettent d’éviter ces obstacles tout en gardant l’effet automatique d’attention.

Manipuler ou motiver ? La même technique.

Manipuler et motiver utilisent des techniques identiques d'attention, de mémorisation, d'influence et de persuasion


On parle de motivation quand le bénéfice est partagé. Par exemple dans une publicité pour la sécurité routière. On parle de manipulation quand le bénéfice n'est pas partagé.

Faire mémoriser. Une technique rigoureuse

Faire mémoriser est une procédure précise

 

La première étape est d’ouvrir la mémoire par un CFX – une information qui active de manière prédictible le système cognitif ciblé- d’attention puis par un CFX émotionnant.


Choisir les personnages montrés pour vendre, pour informer ou divertir

Le client, l'audience doit d'abord s'identifier au personnage montré

 


Les neurones miroir du cerveau du prospect répondent de manière prédictible à des CFX, Effet Cognitif Spéciaux, conçus pour qu’ils s’identifient au personnage qui apparait dans la publicité, dans le point de vente, dans le contenu.

Ces signaux sont de trois types, d’amabilité, de similarité et d’exemplarité. Présentés en séquence, à valence et intensité égales, ils sont prouvés plus efficaces.

Les signaux d’amabilité sont, par exemple, ceux de l’altruisme, de la faiblesse. Les signaux de la similarité sont, par exemple, ceux de la ressemblance. Les signaux de l’exemplarité sont par exemple ceux de la réussite. Ceci s’applique aux personnages des publicités, aux commerciaux, aux journalistes et hôtes de show télévisés, aux héros de films…

L’effet d’identification sécurisé, l’effet CFX suivant d’imitation peut être enclenché.

Pour lisez pas vos discours mot à mot.

Le langage écrit n’est pas le même que le langage parlé. Par exemple, la longueur des phrases, les pauses, le choix des mots, les implicitations, le ratio verbe / adverbe… sont significativement différents.

Adapté à l’intelligence féminine ? Un test à faire avant.

Les femmes ont des décisions, des comportements des consommations qui peuvent être statistiquement différentiés de celle des hommes sur de grandes séries. Du point de vue communication, information et divertissement, elles constituent une population segmentale sociologiquement et donc commercialement.

Être familier ou original ? Un équilibre à tester avant diffusion.

Pour que le cerveau accepte favorablement un message, un contenu, la première barrière où il faut montrer un passeport est celle de la perception. Pour ne pas faire sonner l’alarme, le passeport est celui de la familiarité. Il est plus favorable pour le vendeur, pour le divertisseur, que le contenu ait un genre, une lignée, un format, des traits communs majoritaires avec ce que l’audience, le consommateur, à l’habitude de voir. Le garde-barrière restera endormi s’il a la perception de la bonne forme, déjà vue.