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Dr. Patrick M. Georges
Médecin neurochirurgien et professeur en management
pgeorges@arcadis.be

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Faire mémoriser. Une technique rigoureuse

Faire mémoriser est une procédure précise

 

La première étape est d’ouvrir la mémoire par un CFX – une information qui active de manière prédictible le système cognitif ciblé- d’attention puis par un CFX émotionnant.


Testez la mémorabilité de vos textes avant de les publier.

Activez la fonction « analyse de discours » dans vos traitements de textes.


Certaines tournures de phases se mémorisent mieux, car elles ont utiles à retenir par les lecteurs pour un usage futur.
Les articles académiques sur le « phrasing memorability » décrivent en détail ces caractéristiques qui rendent les textes plus mémorables.

Vous avez une demi-page, une demi-minute pour convaincre.

Commencer par la conclusion, suivre par la navigation

Le traitement de l’information par l’intelligence suit des règles de séquence de type « ce qui apparait en premier est plus important ».
La première partie du contenu génère un cadre de pensée, un préjugé positif ou négatif, à la lumière duquel sera interprétée la suite.

Faire mémoriser vos mots clés

Ecrire les mots importants en Helvetica, ou avec une forme légèrement différente des autres.


Dans un texte écrit avec des polices avec sérif, comme Times Roman, un mot écrit en police sans sérif, comme Helvetica, va se démarquer subconsciemment, sans apparaitre comme incongru consciemment et donc mieux rester en mémoire.

Pour être lu et entendu, transformer vos titres en questions

Des questions comme titres


En ergonomie de la communication écrite, il a été montré qu’un titre en forme de question motive plus le lecteur à lire la suite.

Simplifier vos communications en une suite logique de messages simples

Pas de tableaux de plus de six colonnes et trois lignes. Pas de message de plus de six mots. Pas plus de trois points par argument. Pas plus de trois arguments par question. Pas plus de 24 mots par slide…


Pour prendre le contrôle de la mémoire de travail de ceux à qui vous communiquer, il faut respecter ses propriétés de structure.
Les analyses en ergonomie de la communication ont montré que jusqu’à 38 % des informations d’un contenu pouvaient être inutiles, voire néfastes, aux objectifs du producteur du contenu.
Les scores de complexité et d’intelligibilité d’un contenu peuvent être mesurés et ainsi être améliorés.

Pour mieux décider, un tableau des décisions

Utiliser une prothèse pour mémoire de travail


Notre mémoire de travail possède une capacité limitée. Pour se vider, elle doit décider. Plus elle a de capacité, plus la décision est de qualité, car la décision aura été prise avec plus d’arguments en tête. Cette mémoire de travail ayant une capacité très courte, moins d’une minute, une prothèse lui est nécessaire pour augmenter la qualité des décisions en augmentant artificiellement sa capacité, sa durée.

Diminuez le nombre de majuscules dans vos textes

Les études en ergonomie de la communication écrite montrent qu’un texte en majuscule se lit moins vite qu’en minuscule. Il est aussi moins lisible, car le cerveau peut lire une minuscule sans examiner la totalité de la lettre.

Pour faire retenir vos mots importants, déformez-les

Les publications en lisibilité, technique de lecture, reconnaissance des mots et gestalt montrent que le cerveau ne lit pas un mot lettre à lettre. Pour aller plus vite, il fait un pari du mot sur sa forme. Ce pari est exact si la forme du mot est celle qu’il a en mémoire, la plus habituelle, la plus familière : uniquement en minuscule.

Trois objets cognitifs par message, annonce, publicité

C’est un test connu en sciences pédagogiques d’efficacité des contenus éducatifs. L’empan de la mémoire à court terme d’une personne est de maximum quelques objets cognitifs pendant au maximum quelques secondes. Les informations fournies par les messages excédent souvent cette limite, défavorisant ainsi l’apprentissage et la « vente ».

Vos textes sont-ils ergonomisés ? C’est votre intérêt.

En ergonomie de la communication écrite, un émetteur d’écrits qui respecte les règles de l’ergonomie double son taux de transformation du récepteur : titre sous forme de question, phrases courtes… Deux exemples simples sur les 24 règles connues des auditeurs ERGO-COM

Quel est le score de mémorabilité de vos discours ? Testez-le facilement.

Une équipe de Cornell University a mis au point un test de mémorabilité des phrases, textes et discours et l’a validé expérimentalement. Les critères sont simples. Des messages simples en répétition versionnée. Des phrases réutilisables par le lecteur. Un temps actualisé….

Quel est le score de mémorabilité de vos images ? Testez-le facilement.

Une équipe du MIT a mis au point un test de mémorabilité visuelle des images et objets. Les critères sont simples : des formes instinctivement reconnues comme bonne ou comme potentiellement dangereuse par le cerveau humain.

Aider votre cerveau à apprendre. Une méthode rentable.

Avant de décider d’agir, noter dans une colonne ce que vous pensez qu’il va se passer, noter le résultat que vous prévoyez. Agissez, décidez. Dans la colonne à côté, notez le résultat réel obtenu, ce qui s’est passé en réalité. Dans la troisième colonne, noter la correction à faire pour un meilleur résultat.

Comment augmenter sa mémoire ?

Beaucoup de méthodes mnémotechniques existent. Mais elles sont fastidieuses, demandent un apprentissage lourd et s’oublient vite.

Pour apprendre, il faut connaitre vos mémoires

Nous avons trois types de mémoires. Dans le lobe préfrontal polaire, la mémoire de travail, à court terme, qui retient en conscience quelques éléments pour quelques secondes, en vue de les traiter activement pour une première décision. En temporal, dans l’hippocampe, la mémoire à moyen terme, qui retient l’information quelques jours pour une décision secondaire, puis la transmet aux circuits de neurones un peu partout dans le cerveau. Elle se distingue en trois composantes : mémoire épisodique, procédurale et sémantique. Vient enfin l’apprentissage, la mémoire à long terme, par reconfiguration des circuits neuronaux.

Pour faire retenir, testez


Les études récentes en pédagogie cognitive démontrent que pour faire retenir et apprendre à une personne, la tester est au moins aussi utile que lui faire répéter. Devoir récupérer en mémoire, devoir restituer un message, une leçon, ou devoir répondre à des questions sur le sujet, augmente la mémorisation.

N’hésitez pas. Racontez des histoires.

Notre cerveau est particulièrement réceptif aux histoires, l’évolution lui ayant montré que de nombreuses informations apprises par les autres pour survivre lui sont parvenues sous cette forme.

Pour la mémoire, l'hippocampe est important

L’hippocampe est une petite zone du cerveau impliqué dans la mémorisation épisodique et l’apprentissage. Il décide de ce qui doit être retenu ou pas. Il adresse les informations à d’autres centres.

Convaincre, c’est émouvoir d’abord

L’amygdale, le centre du cerveau qui gère les émotions, influence fortement l’hippocampe, le centre du cerveau qui décide ce qui doit être retenu. Tous ceux qui veulent que vous mémorisiez, que vous appreniez quelque chose, les religieux, politiciens, divertisseurs, leader…  vont ouvrir votre mémoire en vous émouvant d’abord par une histoire, par une scène émouvante, par un visage ému.